Le surréalisme est le mouvement d’idées et d’expressions le plus important de l’entre-deux-guerres. En 1922, il est lancé par André Breton ( 1896-1966), Louis Aragon (1897-1982), Paul Eluard (1895-1952) et Robert Desnos (1900-1945). André Breton publie « le Manifeste du Surréalisme » deux ans plus tard. Selon la définition qui y est énoncée, le surréalisme est un « Automatisme psychique pur par lequel on se propose d'exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée, en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale ». Plus généralement, le surréalisme est un art tourné vers l’individu, dont , l’imagination et rêve fondent une « réalité » qui n’existe que dans la vision de l’artiste et du spectateur. Le mouvement surréaliste n’apparaît pas par hasard. Il est le résultat des évènements historiques.
En effet, lorsque la Première Guerre Mondiale survient tous les hommes sont mis sur le même plan; dans les tranchées, les classes sociales sont plus ou moins abolies. Les Révolutions Russes de 1917 font aussi leur effet. Les intellectuels commencent à s’intéresser à la nouvelle idéologie qu’est le communisme. Le groupe surréaliste s’oppose alors à la bourgeoisie et désire le renouveau politique. « Changer le monde » devient dès lors le mot d’ordre du groupe. Les surréalistes montreront leurs intentions politiques en créant en 1924 une revue appelée d’abord « La Révolution surréaliste » puis rebaptisée plus tard « Le surréalisme au service de la Révolution ».
Autour des années 1930, Salvador Dali, connu principalement pour ses activités de peintre, devient l’une des figures essentielles du mouvement surréaliste. Cependant, Dali se détache nettement de ses partenaires surréalistes en adoptant un parcours différent et original. Nous allons donc voir dans un premier temps en quoi Salvador Dali représente une rupture avec le mouvement surréaliste en comparant sa trajectoire avec celle d’un autre surréaliste, l’écrivain Paul Eluard. Dans une deuxième partie, nous verrons que cette rupture peut être relativisée car même si Dali rompt avec les surréalistes, son art perdure.
« Au rendez-vous des amis » De Max Ernst (1922), peinture qui représente une partie du groupe surréaliste. Derrière, de gauche à droite : Soupault, Arp, Morise, Sanzio, Eluard, Aragon, Breton, Di Chirico, Gala Eluard.
Au premier plan : Crevel(assis, de dos), Ernst, Dostoïevski, Fraenkel, Paulhan, Péret, Baargeld, Desnos.
Afin de démontrer la rupture qui s’est effectuée entre Dali et les surréalistes, nous allons comparer sa trajectoire avec celle d’Eluard. Pourquoi le choix d’Eluard ? Parce que le poète a également fait partie du groupe surréaliste ; il en est d’ailleurs un des fondateurs. De plus, un autre lien a uni les deux hommes sur le plan sentimental cette fois : Gala. En effet, avant de devenir la muse de Dali, Gala, de son vrai nom Helena Dimitrievna Deluvina Diakonova a été la femme d’Eluard. Ainsi, nous ferons la comparaison des deux trajectoires selon trois critères : leurs champs d’action, leur rapport aux autres artistes et finalement, leur rapport à la politique.
- La peinture dont des œuvres très célèbres comme « Les montres molles (1931) », « La métamorphose de Narcisse(1937)» ou encore « La tentation de St Antoine(1946 ) ».
- Le cinéma avec Bunuel : « Le Chien Andalou(1929)» et « l’Age d’Or(1930) » et en 1946, il réalise les séquences oniriques (=qui se rapportent au rêve) de « La maison du docteur Edwards », d’Alfred Hitchcock.
-L’action médiatique : Publicités en 1970 pour les chocolats Lanvin et l’eau Perrier, s’improvise rédacteur en chef d’un numéro de Vogue dont il fait la couverture, il fait également la première page du Time en 1936.