- La mode et les accessoires : Bijoux (lors de son séjour aux Etats-Unis), chapeaux, robes.
- Les décors et les costumes : pour plusieurs ballets et opéras.
- La photographie : A partir des années 1950, Dali collabore avec Robert Descharnes qui fera de nombreuses (plus de 3000) photographies de lui. Aujourd’hui, on retrouve l’œuvre de Descharnes sur le site http://www.daliphoto.com/.
- Les écrits : En 1919, c’est la publication de plusieurs textes sur les grands maîtres de la peinture dans des revues espagnoles. En 1928 avec Lluís Montanyà et Sebastià Gasch, il publie « le Manifeste jaune » (manifeste antiartistique catalan) qui suppose une dure attaque de l’art conventionnel ; « La femme visible » en 1930 et « L’amour et la mémoire» aux Editions Surréalistes. Puis il y a l’apparition de sa biographie « La vie secrète de Salvador Dali » en 1942, « Journal d’un génie » en 1964, journal qu’il tenait lorsqu’il avait 16 ans.
---> Dali multiplie ses champs d’action ce qui lui permet d’être toujours au devant de la scène et assure ainsi sa renommée auprès du public.
A l’inverse de Dali, Paul Eluard s’adonne uniquement au domaine littéraire. Il fait en particulier de la poésie. On peut citer quelques un de ses recueils tels que « Corps mémorable» en 1947, ou « Poésie et Vérité » paru 1942 dans lequel on trouve le célèbre poème « Liberté ».
---> Les champs d’action d’Eluard sont restreints : il se consacre à l’écriture. Son écriture sert ses convictions politiques. Donc, il n’y a pas de réelle dissociation entre la politique et l’action d’Eluard : c’est un poète engagé.
A l’école des Beaux Arts de Madrid se lie d’amitié avec Luis Bunuel et Federico Garcia Lorca qui lui dédiera une ode en 1925 dont voici un extrait :
« O Salvador Dalí à la voix olivée !
Je dis ce que me disent ta personne et tes tableaux.
Je ne loue pas ton imparfait pinceau adolescent,
mais je chante la parfaite direction de tes flèches. »
En 1929, Dali est intégré au groupe surréaliste mais en 1934, les premières divergences avec le groupe apparaissent surtout avec André Breton qui l’expulsera en 1939 après l’avoir fait passer en jugement pour ses déclarations intempestives à propos d’Hitler. A partir de là, Breton le nommera Avida Dollars (anagramme de son nom) pour critiquer le goût que selon lui, Dali avait pour l’argent.
---> Les liens d’amitié qu’unissent Dali et les autres surréalistes restent éphémères. A partir de 1934, des premières divergences avec le groupe qui donnent lieu à son expulsion de celui-ci en 1939. Finalement, même s’il obtient la reconnaissance du public, il ne parvient pas à obtenir celle de ses « pairs » dans la sphère artistique. Ceux-ci le critiqueront d’ailleurs à de nombreuses reprises et le surnommeront Avida Dollars pour dénoncer son esprit, à leur avis trop commerçant.
Eluard, lui, ne rencontre pas les mêmes tensions que Dali avec le groupe surréaliste. En 1919, Eluard fait d’abord la rencontre de Jean Paulhan, le futur directeur de la Nouvelle Revue Française intéressé par ses poèmes « Le Devoir et L’inquiétude ». Il le met en relation avec André Breton et Aragon. Ces hommes participent d’abord au mouvement Dada, mouvement précurseur du surréalisme. En 1922, Eluard, Aragon et Breton rompent avec le Dadaïsme. C’est alors qu’ils créent le mouvement surréaliste, fondé par Breton. Eluard le rejoint aussitôt. Le poète se lie d’amitié avec Picasso, Ernst, Dali, Man Ray. Il écrit, pour eux, les discours de présentation des expositions artistiques. Ainsi en 1925, les premières expositions surréalistes voient le jour. En 1938, Eluard aide Breton pour l’Exposition internationale du surréalisme de Paris. Cette même année, il rompt définitivement avec le groupe surréaliste et Breton, qui pour lui semble trop occupé à maintenir la distance entre l’art et la politique.
---> Paul-Eluard se lie d’amitié avec la plupart des surréalistes même s’il quitte le groupe en 1938.
Contrairement aux autres surréalistes qui ont été nombreux à adhérer au parti communiste, sans jamais s’engager officiellement, Dali montre, lui, des sympathies de droite. En 1934, André Breton veut l’excommunier pour son « hitlérisme ». En effet, Dali tient des discours assez ambigus vis-à-vis du dictateur :
"J'étais fasciné par le dos tendre et dodu d'Hitler toujours si sanglé dans son uniforme. Chaque fois que je commençais à peindre la bretelle de cuir qui, partant de sa ceinture passait sur son épaule opposée, la mollesse de cette chair Hitlérienne comprimée sous la tunique militaire créait en moi un état d'extase gustatif laiteux, nutritif et wagnérien qui faisait violemment battre mon cœur... je considérais Hitler comme un masochiste intégral possédé par l'idée fixe de déclencher une guerre pour la perdre ensuite héroïquement."
Cependant, Dali accepte de signer en 1934 une déclaration selon laquelle il n’est pas ennemi du prolétariat. De plus, Dali parait également montrer un ralliement à Franco . Ces divergences politiques entre le groupe et le peintre seront la principale cause de son exclusion du groupe en 1939. Cependant, ces ambiguïtés en ce qui concerne sa position politique ne s’arrêtent pas là. En 1956, Dali rencontre Franco alors même que son ami Federico Garcia Lorca a été fusillé par des Franquistes en 1936 lors de la guerre civile et que son œuvre sera censurée jusqu'en 1953 par le dictateur. Cependant, Dali accepte la Grande Croix de l’Ordre d’Isabelle la Catholique que lui remet Franco en 1964 et va même jusqu’à lui offrir en 1974 un portrait équestre de sa petite fille (voir photographie dans Dali de Gilles Néret). Puis, en 1981, Juan Carlos I, roi d’Espagne, l’anoblît et lui offre le titre de Marquis de Pubol. Ainsi, Dali aura développé un certain goût pour le luxe, la noblesse qui pourtant, se trouve opposée au prolétariat et aux idées communistes que les surréalistes défendaient.
à Dali diffère une fois de plus des autres membres du groupe surréaliste de part ses positions politiques. En effet, contrairement à eux qui développent des idées communistes et révolutionnaires : Dali, lui, montre des sympathies de droite et va même jusqu’à rencontrer le dictateur Franco à plusieurs reprises. Ainsi, Dali trahit l’idéologie des surréalistes et va même à son encontre.
Paul-Eluard, lui, montre des rapports à la politique totalement opposés à ceux que présente Dali. En 1914, le poète part pour la guerre d’où il revient blessé et avec, à l’esprit, des idées pacifistes. En 1926, comme de nombreux surréalistes(André Breton, Louis Aragon...), Paul Eluard adhère au parti communiste. Or, des tensions ont lieux entre le Parti Communiste Français et au sein même du groupe surréaliste. Ainsi, Paul Eluard se retrouve exclu du parti en 1933 de divergences sur le modèle soviétique mais il continue malgré tout à militer dans les organisations de gauche. Il décide de mettre le surréalisme au service de la révolution. C’est seulement quelques années plus tard qu’il devient réellement un poète engagé. En effet, la fusillade qui assassine Lorca en 1936, et la guerre civile d’Espagne (1936-1939), touche profondément Eluard. Il renoue avec le PCF, le seul à ses yeux, à adapter une attitude franche dans l’affaire espagnole. De plus, l’année suivante, il est choqué par Guernica (célèbre peinture de Picasso par laquelle le peintre dénonce vivement les atrocités de la guerre) et prend, ainsi, position en faveur de l’Espagne Républicaine. C’est en septembre 1939, qu’il se retrouve mobilisé aux services de l’intendance au milieu d’un camps. Mais cela durera seulement jusqu’en juin 1940. Ainsi à son retour, il recommence à militer pour le parti communiste qu’il ne quittera pas jusqu’à sa mort. Paul Eluard devint dès lors l’un des plus grands poètes de la résistance changeant chaque mois de domicile afin d’échapper à la Gestapo( police d’Hitler). En effet, Eluard publie clandestinement dans la France occupée de nombreux textes de réconfort et de lutte comme en 1942, le célèbre poème Liberté. Les avions le parachutent dans les maquis à des milliers d’exemplaires, on le diffuse le soir sur les radios clandestines,… Ainsi, les strophes de ce poème sont rapidement sus par cœur... En 1943, avec Jean Lescure, il rassemble les textes de nombreux poètes résistants qu’il publie dans « L'Honneur des poètes ». Mais, sa participation à la résistance ne s’arrête pas là, le poète en vient même à se cacher dans un hôpital psychiatrique en Lozère pour fuir la Gestapo. Là-bas, il écrit des poèmes inspirés par la misère qui l’entoure jusqu’à la libération de la France. Ainsi, durant la Libération, il est fêté avec Louis Aragon comme le grand poète de la Résistance. En 1949, il est délégué au congrès du conseil mondial des intellectuels pour la paix à Mexico avec Picasso.
à Paul-Eluard est militant pour le parti communiste. C’est un poète engagé : il a pris de nombreux risques afin de servir la résistance. Eluard, adhère donc, lui à l’idéologie surréaliste.
Finalement, on conclut à une réelle opposition entre les deux artistes. D’un coté, Eluard met son art au service de ses idées politiques (idées de gauche, communistes) bien que pour cela il doit prendre de nombreux risques. Ainsi, même si Eluard quitte le groupe en 1938, il reçoit malgré tout la reconnaissance de la sphère artistique. De l’autre coté, Dali, lui, n’est pas un artiste engagé. De plus, il n’adhère pas à l’idéologie surréaliste(=idéologie révolutionnaire, idées communistes) et va à son encontre. Dali transforme son art en objet de consommation, en épousant la société mercantile. Ainsi, la marque « Dali » naît et l’artiste devient le reflet de cette société de consommation, ce qui le discrédite vis-à-vis de la sphère artistique. Cependant, cette rupture n’est-elle pas à relativiser ? En effet, Dali n’a-t-il pas permis à la population de l’époque d’accéder à un art qui auparavant était plutôt élitiste en faisant justement de son art, un objet de consommation ? La plupart des surréalistes considéraient Dali comme un simple phénomène de mode mais son œuvre ne perdure-t-elle pas malgré sa disparition ?
Nous avons pu constater précédemment que Dali représentait une rupture avec le groupe surréaliste. De plus, en rendant son art commercial, Dali rompt avec l’art académique c’est-à-dire un art, qui jusqu’alors était souvent dédié à un élite. Ainsi, Dali de son vivant, était souvent critiqué part les autres artistes, le considérant plutôt comme un « imposteur » que comme un vrai artiste. Cependant, nous allons voir dans cette deuxième partie que Dali n’a pas été un simple phénomène de mode. Au contraire, son art perdure toujours à la fois auprès du public, mais aussi dans la sphère artistique à laquelle il a beaucoup apporté
En Espagne, l’œuvre de Dali demeure en partie grâce à la fondation Gala-Salvador Dalí créée par Dali lui-même en 1983. En effet, la fondation a pour but « de promouvoir, diffuser, divulguer, vanter, protéger et défendre, en Espagne et ailleurs, l'œuvre artistique, culturelle et intellectuelle du peintre, ses biens et droits de toute nature ». Ainsi, en Espagne, la fondation dirige les nombreux monuments qui sont dédiés à Dali : le théatre-musée Dali et le musée Dali-Bijoux tous deux à Figueres, la Maison-musée Château Gala Dalí de Púbol et la Maison-musée Salvador Dalí de Portlligat. L’année 2004 a été l’année de Dali puisque l’on a célébré son centième anniversaire. Ce centenaire a été un grand événement surtout auprès du public comme en témoignent les chiffres de nombre de visiteurs dans les musées Dali en Espagne : 1 398 180 personnes ont visité les musées Dalí. La fondation a informé que ce chiffre représentait une augmentation de 21,19% par rapport à l’année précédente. Les sites Web de la fondation Dali ont eux aussi été visités davantage qu’en 2003 : 1 738 000 visiteurs c’est-à-dire une hausse 58,38%. Les nombreuses expositions temporaires ont-elles, accueilli plus d’un millions de visiteurs. Finalement, en ce qui concerne les chiffres actuels, 1.302.347 personnes ont visité les musées Dali soit une hausse de 4,3% par rapport à l'année 2006. Ainsi, ces chiffres nous montrent que l’intérêt de l’œuvre de Dali auprès du public ne s’est pas affaibli. Au contraire, il n’a cessé de grandir.